Papa, comment on fait les Moais ?
Île de Pâques, Chili
À moins de 500 mètres de l’Ahu Tongariki se situe le Rano Raraku, aussi appelé la nurserie des Moais.
C’est dans les flancs de ce volcan, aujourd’hui éteint, qu’ont été façonnés et taillés tous les Moais de l’île. Ils étaient ensuite transportés sur des rondins de bois jusqu’à destination, car tous les ahus (sauf un) sont situés sur les côtes et les statues tournent le dos à l’océan. Aucune explication à ce jour n’a permis d’éclaircir ce mystère.
D’après les scientifiques, l’acheminement des Moais serait en grande partie responsable de la déforestation de l’île.
D’autre part, l’isolement du lieu (nous parlons ici de la terre habitée la plus éloignée de tout autre côte) a empêché la repollenisation et donc, les nouveaux arbres de pousser.
En effet, le pollen voyage avec le vent et peut traverser de longues distances. Mais là, les 2000 kms d’océan qui séparent Rapa Nui de Pitcairn sont un obstacle infranchissable.
Bref, après notre lever de soleil, nous prenons la voiture pour rejoindre le cratère.
Mauvaise nouvelle, le site n’ouvre qu’à 9H00 et il n’est même pas 8H00. Nous voyons deux touristes franchir malgré tout la barrière. Pourquoi pas nous ?
Nous nous retrouvons donc au milieu de plusieurs dizaines de Moais, seuls ; l’endroit nous appartient complètement.
C’est assez impressionnant de se tenir au milieu de tous ses géants de pierre : on se sent tout petit.
De plus, tous les Moais présents autour de nous sont encore accrochés au volcan. On dirait que l’activité s’est brusquement arrêtée.
Au passage, on a retrouvé la couverture du Lonely Planet :)
En éternels amis des bêtes, nous déambulons dans les allées avec deux mini bergers allemands sur les talons. La mère n’est pas très loin.
Au bout du chemin, un Moai seul, entouré de barrières. Il n’est pas comme les autres. C’est le seul qui est « à genoux ». Le temps ne l’a pas épargné mais on devine parfaitement la position.
Nous croisons ensuite une statue immense littéralement encastrée dans la montagne. On distingue son profil, mais elle n’est qu’à moitié sculptée.
Après une dizaine de minutes, nos pas nous amènent vers le cratère. Un panneau indique qu’il est interdit d’accéder à cette zone sans guide.
On hésite un peu, mais on se dit qu’il n’y aura personne avant une bonne demi heure, donc on tente le coup.
On monte prudemment, déambulant entre les chevaux sauvages qui se trouvent sur notre passage, avant de déboucher dans le cratère qui héberge un lac, couvert de ce qui semble être des roseaux.
Il a aussi la particularité d’accueillir chaque année un triathlon un peu singulier, à l’occasion de la fête nationale de Tapati. En effet, les concurrents doivent traverser le lac en ramant, puis en faire le tour bien chargés, puis à nouveau le traverser, mais à la nage cette fois-ci.
Nous voilà partis pour « un tour de stade ». Mais le chemin s’arrête assez rapidement et nous n’osons pas trop nous aventurer sur des sentiers non balisés.
Nous croisons malgré tout un certain nombre d’autres statues et nous nous permettons quelques photos « cocasses » (mais attention sans jamais toucher les Moais parce que c’est mal).
Nous nous empressons ensuite de retourner vers l’entrée du site car l’heure tourne et nous n’avons pas très envie de nous retrouver nez à nez avec le garde chargé de l’ouverture.
Arrivés à la voiture, nous nous disons que nous avons eu bien de la chance d’avoir pu profiter de cet endroit ensorcelant sans un seul touriste dans les parages.
Nous n’aurions probablement pas ressenti cette aura étrangement mystique qui émane de tous ces géants de pierre.