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Le Lac Pipicaca (Titicaca pour les intimes)

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Le Lac Pipicaca (Titicaca pour les intimes)

Lac Titicaca, Pérou

calendar mardi 18 mai 2010 clock 23:30

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Et comme je fais ce que je veux, c’est moi qui poste.

Bref, levé à 5h30 et départ pour le port de Puno avec notre petit sac à dos. Seb est guéri et c’est tant mieux car ce soir, nous dormons chez l’habitant. Je vous avoue que je ne suis pas super à l’aise avec l’idée, non pas à cause de mon espagnol, qui devient de plus en plus correct à force de pratiquer, mais simplement car je n’ai pas grand chose à dire aux gens que je ne connais pas.

Petit arrêt à l’épicerie avant de prendre le bateau, histoire d’acheter un paquet de riz et un paquet de pâtes, à offrir à nos hôtes en guise de cadeaux.

En inca, Titicaca veut dire « Puma de pierre ». L’explication est simple : jadis, il y avait beaucoup de Pumas autour du lac et ils avaient la couleur de la pierre. Pas cons ces incas…

Je disais donc, en route pour les îles Uros à bord d’un joli bateau en bois. Le conducteur porte l’habit typique de la région, qui se compose d’un bonnet (les hommes doivent le tricoter eux-mêmes et choisir les couleurs de manière précise : rouge s’ils sont mariés, rouge et blanc pour les célibataires ; si un célibataire fait pendre son bonnet sur le côté, il est libre, s’il le met vers l’arrière, c’est que son coeur est déjà pris), d’une chemise en toile épaisse et d’un pantalon court, rehaussé d’une ceinture brodée.

Le lac est magnifique en ce début de journée et nous naviguons entre les roseaux. On nous dit qu’on approche des Uros.
Et là, surprise, bienvenue à Péroudisney !

Une bande de grosse femmes revêtues de tenues flashy nous font de grands signes depuis une île flottante.

C’est l’heure de la minute culturelle : les Uros sont un peuple du Lac Titicaca, presque disparu aujourd’hui. Ils vivent sur des îles qu’ils fabriquent eux-mêmes avec des roseaux coupés et qu’ils accrochent à ce qu’ils peuvent afin d’éviter qu’elles ne dérivent, d’où le nom d’île flottante (non, ils ne vivent pas sur des oeufs battus en neige et nappés de caramel…).

Bref, on débarque au pays de Casimir, où un péruvien très drôle nous explique de manière ludique comment ils fabriquent les ilots et les maisons.
Le speech est bien rodé.
Ensuite, une des mamas qu’on a vues sur la berge en arrivant vient nous chercher afin de nous faire entrer dans sa cahute et nous déguiser avec les vêtements qu’ils portent. Les plaisanteries les plus courtes étant aussi les meilleures, elles nous déshabillent bien vite afin de nous diriger vers leurs stands respectifs.
Un touriste qui ne claque pas de sous pour acheter des trucs de merde n’est pas un vrai touriste.

Bon, tout ça est vraiment trop orchestré et pour ma part, ça a vraiment cassé le charme du truc.
Figurez-vous qu’elles nous ont même fait des crazy signs sur la chanson « Vamos a la playa » quand nous quittions l’île !!
Oui, oui, avec la choré qui va bien et tout et tout ! Hallucinant et surtout, vraiment affligeant.

Deux heures nous séparent de l’île de Taquile, où nous devons déjeuner. Mais avant, une bonne grosse montée à plus de 4000 mètres afin de rejoindre la place principale. On a bien vite doublé tout le monde pour grimper comme il se doit, mais franchement, on sent la différence.
Mes poumons me brûlaient légèrement quand je suis arrivée au sommet, mais ça fait tellement de bien de marcher après une semaine de bus !

Déjeuner dans un petit resto perdu dans les hauteurs de l’île et là surprise, j’ai eu droit à une pièce montée de crêpes en guise de gâteau d’anniversaire !

Après toutes ces émotions, départ pour Llachon, où nous allons passer la nuit.

A notre arrivée, hommes, femmes et enfants nous attendent pour nous souhaiter la bienvenue et nous escorter jusqu’à ce que nous rejoignions nos familles respectives. Notre maman pour la nuit s’appelle Edith et elle n’a que 24 ans. Elle est mariée et à un fils de 7 ans, Yohann. Elle vit de son artisanat et de l’agriculture. Chaque jour, elle se lève à 4h pour aller travailler aux champs.
Après ça, l’envie de se plaindre et de râler pour un rien passe un peu…

Elle nous fait visiter la place principale, où se tient le marché chaque semaine. Nous en profitions pour nous rendre à la petite épicerie, la seule du village, pour acheter du chocolat pour le petit. Il est super heureux de son cadeau et nous saute au cou pour nous remercier. Je pense qu’une Rolex lui aurait fait nettement moins plaisir ; c’est sûrement cela qu’on appelle les plaisirs simples de la vie.

De son côté, Edith est impressionnante. Elle file une pelote de laine en marchant, à l’aide d’une espèce de toupie. Elle ne perd jamais son temps. Là, elle est assise sur les marches de l’église et nous attend en filant, imperturbable.

Au retour, nous nous posons un peu dans notre petite chambre. Elle reçoit des touristes comme nous deux fois par mois.
Alors, juste en face de sa propre maison, elle a aménagé deux chambrettes avec deux lits et une table au milieu.
Le lit ne ressemble en rien à ce qu’on peut trouver chez nous : il est posé sur des briques de terre cuite et composé d’une natte en roseaux et d’un matelas de paille ; le tout recouvert par de chaudes couvertures car au Pérou, aucune habitation n’est chauffée.

Nous leur offrons leurs petits cadeaux : la nourriture pour les adultes et nos voisins nous ont donné des tas de cahiers et de stylos pour le petit. Il nous remercient chaleureusement et franchement, c’est émouvant.

Avant de nous emmener dîner, Edith m’explique qu’on va s’habiller avec les tenues locales et qu’une fois le repas terminé, nous danserons.
Autant vous dire que je n’aime pas trop ces plans là d’habitude. Et bien là, c’était vraiment différent, presque magique.
Nous avons dansé avec ces inconnus autour d’un énorme feu, sous le plus beau ciel étoilé que j’ai jamais vu. Ils étaient contents de nous recevoir chez eux, de nous faire partager un peu de leur culture. Et ça, c’était juste top.

En rentrant, nous avons sorti notre vieux Polaroïd et avons fait une photo avec eux, en tenues traditionnelles. Ils ont signé la notre et en ont gardé une en souvenir.

En tout cas, ce que je n’oublierai pas, c’est leur simplicité et leur sourire. Ils nous ont souhaité une bonne nuit car ils ont déjà veillé bien plus tard que d’habitude (ils se couchent généralement à 21h) et nous ont laissé observer, quelques minutes encore, ce ciel exceptionnel.